Inside the Matrice. Vous etes au numero 119. Vif comme l'éclair, vous vous engouffrez à travers la vitrine brisée.
Les machines, maintenant visibles, tresaillirent. Elles s'approcherent en couinant vers la petite dame immobile, qui gardait ses yeux sombres dans le vague, insensible.

Elles étaient quatre. Quatre sentinelles grouillantes, sifflantes, sans âme, evidemment.

La premiere d'entre elle tournoya, et envoya ses tentacules vers la femme leur faisant face, qui tomba légerement sur le sol. Le mannequin était resté debout sans doute des dizaines d'années, et maintenant, il gisait au sol, borgne, mutilé, avec toujours ce sourire dérangeant sur son visage d'ange déchu.

Vous aviez trouvé refuge derriere la caisse du magasin, recroquevillé dans les billets moisis de l'ancienne ère.
D'une fluide poussé des ses tentacules, la pieuvre pénétra un peu plus loin dans la boutique. Elle s'enhardit alors d'avantage, et entreprit de fouiller les cabines d'essayage, ouvrant d'un coup de patte sec rideau apres rideau.
Ses comparses semblaient s'agiter, à l'exterieur.

Mais la sentinelle savait ce qu'elle faisait. Elle avait été programmée pour traquer des humains, elle avait entendu des humains, elle trouverait ces humains, et elle turait...ces humains.
Et elle s'approchait dangeureusement de votre cachette, imperturbable, inarrêtable. Sa tete se souleva au dessus du comptoir, et il vous était possible de distinguer le haut de son crane luisant...
Lorsqu'un bruit retentit derriere elle :

"Ca ne va pas la tééééééte ?"

Le mannequin se relevait, completement disloqué, comme manipulée par un marionnetiste qui aurait mal réglé la longueur de ses fils.

"Je fais mon boulooooot...C'est tout......"

Les trois autre sentinelles partirent dans un concerto de sifflement saccadés, des bruissements binaires, ressemblant diaboliquement au rire humain.

La pieuvre fit demi tour, comme vexée.

"Je suis une grande praufaissionelllllle...J'ai fait des centaines de défiléééé...Mes mensuration sont exemplèèère...N'est ce pas que je suis baiiiille ?"
Elle passa difficilement sa main sur son crane chauve, et sourit d'avantage, découvrant sa dentition incomplete.

"Dit le.....dit leuuu...mon bichon..."

Le robot tituba vers la pieuvre.

"Je ne vôôôô pas tres chair...Mai je sui bailllle...Hein ? Bizou."

La sentinelle donna un coup sec d'une de ses tentacule.

"Tu fais la tete mon bichon....?"

Disant cela, son crane bascula lentement, et vint rouler à ses pieds, proprement tranché. Son corps lépreux s'effondra lui aussi, peu apres.

Les sentinelles partirent enfin, sous les traits toujours jovials de l'objet décapité.


"Putain on a eu chaud, murmura Thésée en sortant de sa cachette.

-Thésée...Tu as vu ce que j'ai vu ? Elle semblait rire...Et si les sentinelles pouvaient ressenti...

-J'ai rien vu. Tout ce que j'ai vu, c'est qu'on a été sauvé par un robot. Je ne m'en remettrait jamais.", fit elle en sortant de la boutique.

"C'est la honte." Elle décocha un violent coup de pied au crane du mannequin, qui alla se perdre dans les tenebres de la ville.

Le reste du chemin se passa sans encombre.
En à peine quelques heures de marche, vous étiez arrivé devant "les couveuses". Sur ces gigantesques tours d'acier se touvaient suspendu des centaines de petites taches roses comme de l'acné juvenile.
Et dans chacune de ces poches reposait un humain, connecté au plus gros des univers persistant jamais concu :
La matrice.

"Vient, c'est par là."