Education



Le modèle transmissif consiste à donner des informations à l'élève, comme s'il était un contenant à remplir. Ca fonctionne chez certains élèves, qui apprennent par coeur des faits et sont capables de les sortir par la suite, mais ce n'est pas très intéressant car l'élève se contente de répéter ce qu'il a appris. Il faut que la communication prof->élève soit parfaite, ce qui semble impossible car la langue est ambigüe. L'élève peut aussi déformer les informations reçues en fonction de ses conceptions préalables du sujet.

Le modèle constructiviste suppose que le savoir doit être reconstruit, reformulé par l'élève pour être assimilé. Popularisé par Jean Piaget qui parlait également de "schèmes" : une action (ou suite d'action) reproductible et combinable avec d'autres schèmes. Ils peuvent évoluer avec le temps. D'après ce que je comprends, ce sont des outils qu'on acquière et qu'on l'on va utiliser par la suite (il peut s'agir d'un réflexe face à une certaine situation, une manière de faire quelque chose...). Il faudra parfois aider les élèves à secouer d'anciens schèmes, c'est à dire, leur faire remettre en question les outils qu'ils utilisent si on les juge mauvais.


Le socioconstructivisme ajoute l'idée de l'importance de l'environnement social : on apprend mieux entouré d'élèves (entraide, émulation...).

L'étayage, c'est l'assistance du formateur permettant à la personne formée d'arriver seule à résoudre un problème qu'elle ne savait pas résoudre au départ. Autrement dit, aider pour que la personne devienne autonome.

La classe : le lieu de mise en pratique de la méthode. Souvent, la méthode sera ajustée, adaptée pour répondre aux besoins, aux difficultés concrètes de la classe.

Méthode : procédés et techniques de mise en oeuvre d'un principe théorique. Pour Galisson et Coste, on ne peut parler d’une méthode que lorsqu’il y a « adéquation entre les objectifs, les principes, les procédés et les techniques ». Mais méthode peut aussi avoir un sens plus large, par exemple "méthode directe" pour apprendre une nouvelle langue sans passer par la langue déjà connue. Il peut aussi avoir un sens extrêmement réduit comme "la méthode de faire répéter" ou "la méthode de montrer une image". Enfin, cela désigne parfois un outil d'enseignement précis (la méthode de Français "Edito A1").

Méthodologie : 1) études des méthodes, de la façon dont elles sont appliquées, laquelle est la meilleure. 2)Un ensemble de pratiques et de règles pour articuler UNE méthode en particulier.

Didactique : science s'intéressant aux aspects de la transmission et l'acquisition des savoirs, exemple "la didactique du sport=les façons d'enseigner le sport". Elle étudie entre autres les méthodologies mais aussi les erreurs des élèves, l'épistémologie (l'histoire de cette science, sa logique)... S'appuie sur la neuroscience, la linguistique, la psychologie etc.

Si on était en cuisine et qu'on voulait faire un gâteau aux pommes :
-Didactique=Pourquoi on fait ce gâteau ? Depuis quand ? De quelles façons ? Quelle est la chimie qui fait gonfler le gâteau ?
-Méthodologie=1) Quelles sont les différentes façons de faire ce gâteau. 2)Quelles seraient les règles pour faire le gateau selon Grand Mère Jeanne.
-Méthode=Quelle est la recette exacte de grand mère Jeanne.
-Classe=On assemble physiquement la farine, les oeufs... peut être en devant ajuster un peu s'il manque du matériel ou des ingrédients.

Tous ces éléments peuvent s'influencer entre eux, par exemple la didactique regarde ce qui se passe en classe etc.

Cas particulier : selon Christian Puren, une méthode est une toute petite brique par exemple "faire répéter", "traduire", "montrer une image". Une « méthode », c’est une unité minimale de cohérence méthodologique, c’est-à-dire à la fois 1. un principe ("il faut répêter pour apprendre") 2. un objectif ("on va montrer la même forme à l'élève") 3. et l’ensemble des procédés correspondants de mise en oeuvre ("on va répéter en début de cours le cours précédent", "on demande à un élève de répéter ce qu'a dit un autre"...). exemples

Les méthodes au sens de Puren sont des unités tellement petites qu'elles sont souvent identiques.
Les méthodologies peuvent changer radicalement, selon le contexte historique, les connaissances scientifiques sur l'apprentissage. Elles peuvent combiner des méthodes (méthode active, méthode orale, méthode directe...) de diverses manières. La méthodologie directe est très différente de la méthodologie antérieure.

3 ouvrages importants en didactique du FLE :
-Français fondamental, le plus vieux, 1959 (1er degré, 1475 mots) et 1974 (2nd degré, 1700 mots), demandé par l'éducation nationale. Pour diffuser la langue française dans les territoires d'Outre-Mer, faciliter son apprentissage, l'enseigner aux immigrants. Mise en place d'un français simplifié (mais pas artificiel ni au rabais) pour une première étape d'apprentissage, élaboré uniquement à partir du français parlé (concrètement, à partir de 163 conversations enregistrées d'où sont définies les mots et règles de grammaire à connaitre, approche "structuraliste"). Mots classés selon leur fréquence et leur "disponibilité", càd des mots pas forcéments fréquents mais importants genre "fourchette" (15 catégorie genre cuisine, animaux, métiers, moyens de transport etc). S'adresse de façon très générale aux organismes enseignant le français.

-Un Niveau-Seuil, de 1976, demandé par le conseil de l'Europe, ce niveau correspondant à une capacité de communication simple et efficace (+ que de la simple survie en voyage mais une vraie communication avec les gens). 5 domaines relationnels (relations familiales, professionnelles, grégaires, commerçantes et civiles, médias) et définit aussi 5 type de public (touristes, travailleurs migrants, professionnels utilisant le français dans leur pays d’origine, adolescents scolarisés, grands ado ou adultes scolarisés). Recense les actes de parole (ou savoir-faire) et énoncés (réalisations langagières ou savoir-dire) qui les apprenants devront maîtriser (exemple: acte de parole "inviter" lié à une dizaine de "réalisations linguistiques" possibles -"je vous invite", "Venez donc dîner", "Que fais-tu ce soir" etc). Vaguement équivalent à B1. S'adresse directement aux enseignants et apprenants.

-Cadre européen commun de référence pour les langues : apprendre, enseigner, évaluer, en 2001, demandé par le Conseil de l'Europe. Très important car c'est lui qui a fixé les niveau A1, A2, B1 etc qui sont des niveaux européens commun de maîtrise des langues. Suivi du "Volume complémentaire du CECR" en 2018. Donne une base commune pour l'élaboration des manuels, examens, énumère les connaissances à acquérir etc. Facilite la reconnaissance des qualifications obtenues d'un pays à l'autre.
Le CECRL dit que tout acte de parole s'inscrit dans un domaine, ils sont illimités mais est pertinent de distinguer ces 4 : Domaine personnel (foyer, famille, amis...) ; domaine public (interaction publiques générales) ; domaine professionnel (centré sur le métier de l'apprenant) ; domaine éducationnel (dans un institut de formation pour apprendre X ou Y chose). Quand il présente de la grammaire, le sens est privilégié par rapport à a forme.

Notez la grosse différence entre les 15 domaines (avec chacun sa liste de vocabulaire, logique de stockage de mots "au cas où") du Français fondamental comparé à "Un Niveau-Seuil" où on se concentre sur la situation où l'apprenant est amené à communiquer (logique d'usage). Il y a aussi une opposition entre une approche structuraliste et une approche où la langue est plutôt vue comme liée à une pratique sociale ("communicative"). Le CECRL garde plutôt cette dernière approche.
Traduction systématique. On parle de "thème" pour la traduction langue maternelle vers étrangère et de "version" pour langue étrangère vers maternelle. Les élèves apprennent à raisonner/analyser dans leur langue.


Méthodes



Méthode grammaire-traduction (ou "traditionnelle" ou "classique") : vieille méthode, on utilise la langue source pour expliquer la langue cible, le sens des mots expliqué via traduction. Utilisée notamment pour l'apprentissage des langues mortes. Vise à permettre de lire les textes et stimuler intellectuellement (on apprend le grec ancien pas pour lui mais pour devenir bon en étymologie par exemple). Formation de traducteurs langue départ<->cible. Liste de vocabulaire souvent hors contexte. Grammaire enseignée de façon explicite (en parlant de "préposition", "adjectif qualificatif" etc), expliquées avant les cas d'application (on applique la logique apprise, cela s'appelle l'approche déductive, la grammaire déductive), avec des exercices de traduction qui suivent les règles et exemples.

Méthode directe : fin 1800 (!!!!)-1950 nommée ainsi car contact "direct" avec la langue étrangère sans traduction ni explications en langue maternelle. Se veut naturelle, de la façon dont un enfant apprend sa langue maternelle. Utilisation de la langue étrangère dès le début, avec des dessins (soit les montrer, soit demander à l'élève de dessiner sous la dictée), images, gestes, mise en contexte, situations concrètes puis synonymes, paraphrases. Les règles de grammaire sont acquises par l'exemple. C'est la méthode inductive où on part du cas particulier pour aller vers le général. L'élève imite les gestes et les sons et fait des exercices répétés et intensifs.
Très orale avec l'enseignant qui sert de modèle et doit bien maitriser la langue cible. Forte interaction enseignant et élèves, l'enseignant doit pousser l'élève à s'exprimer.
La méthode directe a posé les jalons vers la modernité. Limites de la méthode directe : 1) l'ambition d'apprendre "comme un bébé apprend sa langue maternelle" est dure car on a beaucoup moins d'heure de cours. 2) peu de vocabulaire au début pour que l'élève puisse s'exprimer, répondre au prof etc. 3) vite monotone car manque de vocabulaire.

Exemple de méthode directe avec certains points actifs : "Le Mauger bleu" (Cours de langue et de civilisation françaises, tome I, de G. Mauger).

"Méthode directe" peut également désigner juste le fait de désigner un objet en prononçant son nom dans la langue cible.

Méthode orale : le professeur dit le mot.

Méthode imitative : le professeur fait une action (pas forcément une parole, ça peut être un geste) et demande aux élèves d'imiter.

Méthode active : l'élève répond à chaque sollicitation du professeur (questions ou autre).

Méthode interrogative : liée à la méthode active, l'élève répond à des questions.

Aujourd'hui beaucoup de méthodes sont moins strictes, la langue maternelle pourra être utilisé rarement : pour "traduire au passage", les vrais débutants, en pédagogie de l'erreur si l'erreur est liée à une interférence entre langue maternelle et étrangère.

"traduire au passage" : donner rapidement la traduction d'un seul mot pour débloquer ou lever un doute.

Méthodologie audiovisuelle, ou structuro-globale audio-visuelle (SGAV)



Années 50, orale, directe, intuitive, imitative et répétitive, repose sur la psychologie behavioriste (conditionnement, stimulis positifs ou négatifs pour apprendre sans réfléchir, Méthode Audio-Orale de Skinner qui sera appliqué dans les cours Pismleur par la suite par ex) + linguistique structurale (Ferdinand de Saussure et de Charles Bally, l'unité de référence pour analyser la langue n'est plus le mot ou la phrase mais la structure).
La SGAV eessaie d'exclure le recours à la méthode maternelle. Utilisation de films, d'enregistrement audio, labo de langue, pour aller encore plus loin que la méthode directe : le professeur n'est plus la seule référence.
1er exemple en France, par Guberina et Rivenc aussi considérés père de la méthodologie SGAV, la méthode "Voix et Images de France" en 1962. Il se base sur Le Français Fondamental pour créer les leçons, évaluer les élèves et savoir quel vocabulaire leur apprendre. En SGAV on veut apprendre les structure et le vocabulaire les plus courants.
A noter que "structuro" dans SGAV, pour Guberina, fait référence à la structure du cerveau, on s'intéresse à comment avoir les conditions optimales pour que le cerveau apprenne).
C'est une méthodologie qui emprunte donc à la fois beaucoup à la méthode directe mais en étant un peu plus rigoureuse, scientifique et structurée.
Phase 1 (répétition, mémorisation) : 1ère diffusion d'une séquence (un dialogue par exemple). 2e passage, où l'enseignant stoppe et explique chaque séquence sans avoir recours à la langue maternelle en utilisant des mimiques, dessins, paraphrase (ou en demandant aux élèves). 3e passage : les étudiants donnent la réplique. 4e passage : des élèves jouent chacun un rôle. Puis, des élèves viennent au centre de la classe rejouer le dialogue. Beaucoup de répétitions dans cette phase, donc mémorisation. Elle peut être faite dans un labo de langue.
Phase 2 (phase d'exploitation) : questions/réponses pour s'assurer qu'on a compris et créer du contenu dans la langue cible. Également, des exercices sur la structure qu'on vient de voir dans le dialogue, où l'élève doit la réutiliser avec de nouveaux mots par exemple. Le professeur peut corriger de façon très légère les erreurs, il a plutôt un rôle d'animateur.
Phase 3 (phase de transposition) : production d'un tout nouveau dialogue du même modèle que celui de la phase 1, joué devant la classe. Ici le professeur note les erreurs pour plus tard se focaliser dessus.
La grammaire n'est PAS explicité, pas de metalangage (ceci est un adjectif, un verbe...). Elle est induite par l'élève à partir d'exemples (implicite et inductive). C'est plus simple et plus directe mais aussi une faiblesse car l'élève peut se tromper dans son interprétation.
Autre faiblesse de la méthode : elle est très standardisée laissant ainsi à l'élève peu de liberté, surtout que la phase 3 est souvent abandonnée faute de temps, donc c'est assez frustrant et limite les opportunités d'expressions personnelles. Également frustrant pour les enseignants qui deviennent eux aussi de simples exécutants.

A la fin des années 60 les critiques sont nombreuses : situations stéréotypées très différentes de la réalité, adaptées aux adultes voulant apprendra rapidement mais moins efficace pour les enfants et les publics avancés ("niveau 2") et beaucoup d'approches SGAV veulent un maximum d'oral (ce qui empêche les élèves de réviser en lisant et provoque de "l'insécurité linguistique"). L'élève est un "récepteur" que l'on conditionne (répétition, automatisme) et dans certaines approches l'erreur est quasiment un péché (en effet on demande juste à l'élève de répéter, il ne devrait pas se tromper ! en outre il y a risque de "fossilisation", càd que l'élève prenne l'habitude de l'erreur).

Des méthodes comme "De Vive Voix" (1972) ou "C'est le printemps" (1976) vont essayer de corriger tout ça : documents à étudier authentiques (ou beaucoup plus proches de vrais en tout cas), situations plus réalistes, méthodes plus actives, différentes registres de langue, objectifs mieux définis...
De la SGAV émergera l'approche communicative.

Psychologie behavioriste vs cognitive


La cognitive a été construite en opposition à la psychologie behavioriste. Le behaviorisme regardait ce qui était observable (le résultat), la cognitive essaie de comprendre ce qui se passe à l'intérieur de la tête (le processus).
En éducation, le behaviorisme ce sera de la répétition, de la création de réflexes, de l'imitation, de la réponse à des stimulis. L'apprentissage est plutôt passif.
Côté psychologie cognitive, en éducation ce sera plutôt de la réflexion, pouvoir produire des énoncés jamais vus en formant des règles, participer à son propre apprentissage, traiter soi-même l'information, intégrer, ou même rejeter des choses qu'on découvre. Apprentissage plutôt actif, on a un "apprenant" qui joue un rôle central.

Approches communicatives


Un courant méthodologique (pas aussi rigide qu'une méthodologie, un peu flou), cognitiviste, des années 70 lancées par plusieurs recherches :
-le collège invisible de Palo Alto où naît la "nouvelle communication" qui étudie la kinésique (mouvements, non-verbal) et la proxémique (distance physique entre gens). Voir The Silent Language de T. Hall.
-Goffman (la nature des échanges), Labov et Berstein (sociolinguistique), Mac Luhan (mass média), Austin et Searle (actes de parole en pragmatique, parler c'est agir, obtenir quelque chose, modifier la réalité).
L'objectif est la communication en langue étrangère. L'enjeu de la communication est déterminant (par exemple : obtenir quelque chose d'une requête).
-Dell Hymes a développé le concept de compétence communicative dans les années 70 (en répondant à Chomsky que la "compétence linguistique" ne suffit pas, il faut aussi pouvoir communiquer).

Composantes des compétences en communication :
-sociolinguistique : règles sociales à respecter lorsqu'on communique, l'apprenant ne doit pas utiliser les siennes.
-référentielle : connaissance des réalités et fait culturels. Impossible de comprendre certains mots sans cela.
-discursive : identification des types d'écrits/oraux : différencier une circulaire d'une plaquette publicitaire, etc.
-linguistique : maîtrise du vocabulaire, de la morphosyntaxe (donc grammaire etc), phonétique.
-stratégique : des palliatifs mis en place par l'apprenant pour surmonter ses lacunes en communication. Canale-Swain disent que cette compétence compense des lacunes en compétence linguistique ou sociolinguistique. Charaudeau dit que ça fait partie du discursif, il ne voit que 3 compétences (situationnelle, discursive, linguistique).

Privilégier des documents avec des échanges complet peut permettre de voir tous ces aspects.
Coste a montré a 1980 que la méthode communicative était plutôt utilisée avec les débutants.

Une situation de communication peut se définir par ces éléments qui influencent le "comment dire" :
-Qui ? Qui parle, quels sont leurs relations.
-Quoi ? Quel est l'objet de l'échange, quelles références sont utilisées.
-Où ? Canal/lieu.
-Quand ? Époque, année, date précise.
-Pourquoi (faire) ? Comprendre la raison de l'échange plus en profondeur, par ex on parle de la pluie pour éviter un sujet sensible, et en plus on est forcé de parler car on se retrouve dans la même pièce malgré soi.

3 "niveaux de langue"/registres définis suite aux travaux de Bernstein (même si cette notion générale était prise en compte avant) : standard, familier (voir argotique) et soutenu (parfois dit "littéraire").

Notion d'acte de parole : énoncer c'est agir, le langage ne sert pas qu'à raconter mais à donner des ordres, démontrer, juger, féliciter, inviter, refuser etc. Une même phrase avec exactement le même enchaînement de mot peut être un acte de parole différent ("la porte!" peut signifier l'ordre de fermer ou d'ouvrir la porte, "Vous mangerez mon ragoût avec le sourire." peut être un ordre, une prédiction, une communication publicitaire, "on est quel jour ?" peut être un moyen de vérifier que l'interlocuteur connaît le jour ou bien simplement un moyen de connaître le jour etc).

L'approche minimaliste de Sophie Moirand se focalise sur un acte de parole mais on peut considérer que la communication est en fait un enchaînement d'actes de paroles (c'est un "évènement de communication", lapproche maximaliste). Étudier un dialogue est une approche maximaliste.

La valeur *illocutoire* d'un énoncé est privilégiée par l'approche communicative ("auriez-vous du sel ?" indique qu'on voudrait saler son plat).

En approche communicative on va privilégier le sens + enseigner une compétence de communication + appréhender le discours de manière globale. L'objectif fonctionnel est prioritaire sur l'objectif socioculturel lui-même plus important que l'objectif socio-linguistique. La grammaire est un outil pour la communication.


Les approches communicatives sont centrées sur l'apprenant. Le rythme de l'apprenant est pris en compte, il peut négocier des aspects de l'enseignement avec le professeur qui devient plutôt un facilitateur, un conseiller. Certaines méthodes proposent même un contrat entre enseignant et apprenant qui deviennent partenaires (exemple dans le manuel "Cartes sur table") et même apprenant-apprenant. L'apprentissage est le produit de l'information présenté ET la manière dont il a été traité par l'apprenant. On aura des instructions incitant explicitement à l'apprenant à développer des stratégies d'apprentissage ("Observez, comparez, interprétez..." et "mettez une croix", "dites si c'est vrai ou faux"), cela s'appelle la conceptualisation.

Séquence de cours : comprendre -> s’exercer -> produire
1) comprendre un support (écrit, audio, vidéo) et en induire les règles 2) s'exercer 3) produire quelque chose de nouveau avec ces nouvelles règles. Très proche de la méthode audiovisuelle sauf qu'ici le point 3 est très important. Cette activité de production occupe une place importante en approche communicative. Si c'est juste un seul acte de parole même pas nouveau, ce n'est pas une production mais du "réemploi". La production doit être un assemblage de plusieurs actes de parole (par ex: salutation, introduction, demande, prise de congé). Cela permet d'évaluer l'élève souvent et lui permet de devenir plus à l'aise dans la pratique de la langue.

La phase de compréhension peut-elle même se diviser en 3 : 1) compréhension du support (dite "globale" mais en fait ça indique juste qu'on a compris le dialogue, la situation, les locuteurs, les actes de paroles principaux), 2) compréhension "finalisée" où on repère les actes de paroles définis comme objectifs de la séquence (on peut les lister dans un tableau) 3) conceptualisation où l'enseignant demande aux élèves de faire émerger les règles de grammaire qu'ils ont induit (il peut y avoir utilisation d'"outils cognitifs" càd des flèches, couleurs, tableaux, schémas... pour aider à comprendre).

En approche communicative la grammaire est d'abord implicite, puis on travaille explicitement sur les formes découvertes (conceptualisation). De même, elle est d'abord inductive (on fait des supposition) puis déductive (on l'applique).

Comme il y a beaucoup de production, l'apprenant a l'occasion de s'exercer, se tromper, être corrigé. C'est normal qu'il se trompe et fasse des erreurs. Surveiller 2 types d'erreurs : celles qui provoquent des échecs de communication et celles sur la structure en cours d'étude. Il peut aussi évaluer les autres apprenants et sait où il en est par rapport aux objectifs clairement définis (maîtriser tel acte de parole). Il peut s'autoévaluer.

Critiques des approches communicatives : on veut des documents authentiques mais peuvent être durs à trouver, enseignants doivent être très à l'écoute et adaptatifs, les objectifs fonctionnels et socio-linguistiques laissent peut être trop de côté les objectifs linguistiques, laisser les élèves très autonomes peut poser problème s'ils ne sont pas très adaptatifs et maîtrisent mal la langue.

Un Niveau-Seuil (1976) est basé sur l'approche communicative, c'est très tôt car cette approche ne sera appliquée couramment en classes que dans les années 80.