Editer
J'essaie de régurgiter ce que j'apprends en philo avec mes propres mots.

Le banquet


Des gens qui philosophent sur l'amour à un banquet, c'est assez court, très facile à lire.

Le premier, Phèdre (pas celui des fables), dit que l'amour donne une force incroyable et la volonté de faire le bien vis à vis de celui qu'on aime. "Naissance, honneurs, richesses, rien ne peut aussi bien que l'amour inspirer à l’homme ce qu’il faut pour mener une vie honnête : je veux dire la honte du mal et l'émulation du bien."

Le second, Pausanias, dit qu'il y a plusieurs type d'amour, en gros l'amour physique (une attirance irraisonnée où on se conduit comme un idiot) et l'amour spirituel (où on aime l'âme). Certains "aiment sans choix, non moins les femmes que les jeunes gens, plutôt le corps que l’âme.". D'autres "se lient dans le dessein de ne plus se séparer, et de passer toute leur vie avec ce qu’ils aiment.".

Le 3e, le médecin Éryximaque, dit que l'amour c'est l'harmonie en gros, cacedédi ROTS : "L’unité, qui s’oppose à elle-même s’accorde avec elle-même : elle produit, par exemple, l’harmonie d’un arc ou d’une lyre. [...] L’harmonie est une consonnance, la consonnance un accord, et il ne peut y avoir d'accord entre des choses opposées tant qu’elles demeurent opposées : ainsi les choses opposées qui ne s’accordent pas ne produisent point d’harmonie. C’est encore de cette manière que les longues et les brèves, qui sont opposées entre elles, composent le rhythme lorsqu’elles sont accordées. Et ici c'est la musique, comme plus haut c'est la médecine, qui produit l’accord en établissant l'amour et la concorde entre les contraires. La musique est donc la science de l’amour relativement au rhythme et à l’harmonie."

Aristophane fait une petites fable sur les androgynes, des hommes collés ensemble séparés par les dieux. "On donne le nom d'amour au désir et à la poursuite de cet ancien état [càd d'être collé à l'autre]."

Le 5e, Agathon, essaie de prouver que l'amour est un dieu super balèze. "Si donc tous les plaisirs et toutes les passions sont au-dessous de l’Amour, il les domine ; et s’il les domine, il faut qu’il soit d'une tempérance incomparable. Quant à sa force, Mars lui-même ne peut l’égaler ; car ce n'est pas Mars qui possède l'Amour, mais l'Amour qui possède Mars, l'Amour de Vénus, disent les poëtes : or celui qui possède est plus fort que celui qui est possédé"

Après vient le tour de Socrate, qui démonte le discours du précédent. Il lui dit que l'amour est un désir, donc qu'il n'a pas toutes les qualités qu'il lui prêtait. "L'amour est-il possesseur de la chose qu’il désire et qu’il aime, ou bien ne la possède-t-il pas ? Car on ne saurait manquer de ce qu'on possède." Il lui démontre que l'amour n'est pas beau, ni bon, ni fort, car il désire toutes ces choses.

Ensuite Socrate raconte sa discussion avec une meuf au sujet de l'amour.

Elle lui raconte que l'amour c'est le désir de posséder pour toujours, c'est à dire le désir d’immortalité. " c'est encore la nature mortelle qui cherche à se perpétuer et à se rendre immortelle autant qu’il est possible. Et son seul moyen, c'est la naissance, qui substitue un individu jeune à un individu vieux."
A l'argument "oui mais certains se sacrifient par amour" elle répond que certaines personne veulent "acquérir une gloire immortelle dans la postérité, et que c’est ce désir, plus encore que l'amour paternel, qui leur fait braver tous les dangers, sacrifier leur fortune, endurer toutes les fatigues, et donner même leur vie. "

Certaines personnes sont fécond via le corps, d'autres par l'esprit. Les enfants de l'esprit ont valu à leurs pères "des temples, alors que nulle part les enfants du corps n’en ont valu à personne."

Un truc qui se rapproche de l'impermanence bouddhiste ? Cf Heraclite plus bas.
En effet, bien que l'on dise d’un individu, depuis sa naissance jusqu’à sa mort, qu’il vit et qu’il est toujours le même, cependant en réalité, il ne reste jamais ni dans le même état ni dans la même enveloppe, mais il meurt et renaît sans cesse dans ses cheveux, dans sa chair, dans ses os, dans son sang, en un mot dans son corps tout entier ; et non-seulement dans son corps, mais encore dans son âme : ses habitudes, ses mœurs, ses opinions, ses désirs, ses plaisirs, ses peines, ses craintes, toutes ses affections ne demeurent jamais les mêmes ; elles naissent et meurent continuellement.

Le livre indique aussi "on dit que les serments n'engagent point en amour ;".

Philosophes pré-socratiques


Lisez les "Philosophes pré-socratiques", chez l'éditeur dont j'ai oublié le nom par les auteurs dont j'ai oublié le nom, ce livre est super... Bon, j'essaierais de retrouver ces noms. Les grecs ne donnaient pas la date de naissance des vieux philosophes mais cette de leur acmé, c'est à dire le point culminant de leur pensée, de leur maturité.

Philosophes pré-socratiques :

Thalès de Milet -625 et mort vers l'an 547

Eudème lui attribue la découverte de la prévision des éclipses et la variation de durée des périodes de solstice quoi que ça puisse désigner. On pense qu'il se basait sur des observations empiriques, bref, qu'il résolvait des problèmes un peu à l'arrache (il prévoyait les éclipses dans une marge d'un an) car il semble qu'il n'ait pas transmis de formules mathématiques à ses successeurs. Thalès s'est sûrement basé sur des travaux babyloniens. Thalès a mesuré précisément la hauteur des pyramides, soit en se basant sur l'heure où sa propre ombre correspondait à sa taille et mesurant l'ombre de la pyramide comme dit Hiéronyme, soit en utilisant la théorie des triangles semblables (Théorème de Thalès). On pense qu'il ne connaissait pas cette théorie, mais on peut quand même l'appliquer sans la connaitre, empiriquement. Ses successeur n'accordant pas beaucoup d'importance aux théorèmes, on pense qu'il ne s'en servait pas.

D'après Aristote, Thalès pensait que des dieux (ou qu'une âme ? je ne me rappelle plus) existaient dans chaque objets, preuve en est de l'ambre (qu'est ce qu'elle a, l'ambre ?) ou de l'aimant qui arrive à déplacer des objets à distance donc doit être habité.

C'est de l'animisme, c'est marrant. Xenophane donne du monothéisme avant l'heure en dessous, c'est marrant aussi. Perso j'y vois pas de contradiction, dans les deux cas on a dieu présent partout, que "tout" soit des petits dieux ou que dieu soit tout, euh...Il y a juste un problème de définition de dieu à mon avis, mais au final ça change rien, rien n'empêche que le gros dieu soit constitué de petits dieux.

Ya contradiction avec Homère par contre "les dieux sont comme des hommes, sauf qu'ils ont des pouvoir magiques et sont immortels"

Xenophane de Colophon (6e - 5e siècle av. JC)
Reprochait à Homère ses dieux ressemblants aux humains. Il dit que les croyants imaginent les dieux à leur image "Les Ethopiens disent que leurs dieux ont le nez camus et le teint foncé, les thraces voient leurs dieux avec des yeux bleus bleus clairs et une chevelure rousse." Selon lui, si les animaux pouvaient représenter leurs dieux, ils seraient de la même espèce animale qu'eux.
Il défend l'idée d'un Dieu unique, non poussé par des passions humaines comme le décrit homère. Un dieu qui "demeure toujours au même endroit, ne se déplaçant pas du tout, mais par la seule force de sa pensée, sans peiner, il secoue toutes choses."

Heraclite d'éphèse (vers 544 - vers 480 av. JC) dit l'obscur car difficile à comprendre, inspira beaucoup Platon, largement critiqué/moqué par Aristote.
Voilà ce que j'ai cru comprendre de sa pensée :
Tout est tout le temps ("soumis au", ou bien "en") mouvement. Comme disait Platon un siècle plus tard "On ne peut pas se baigner deux fois dans la même rivière". Cratyle a même poussé jusqu'à dire "On ne peut pas se baigner (tout court) dans la rivière", pour bien souligner le mouvemenbt perpétuel des choses et leur côté insaisissable.
Platon formulait sa thèse mobiliste en se basant sur Heraclite : "des mouvements et des collisions entre les objets naissent les sensations" (toucher, vision, audition, crainte, désir...).
La réalité est basé sur ce qui subit ces collisions...donc relative ?

Le jour et la nuit sont la même chose, une route qui monte est la même chose qu'une route qui descend, la mer est imbuvable et buvable à la fois, bref, tout est relatif.


Dieu est tout à la fois bien et mal. "Pour Dieu toutes choses sont belles, bonnes et justes, mais les hommes en tiennent certaines pour injustes et d'autres pour juste." Il rejoint la pensée de Xénophane. Hmm, dans ce cas, Dieu devrait être inactif, puisqu'il n'est poussé à agir dans aucun côté ?

Dans son fragment 1, il dit "il existe une vérité universelle aux choses." Je crois comprendre que lorsqu'on connait cette vérité, on sait tout. Ca expliquerait pourquoi Heraclite disait "je ne sais rien" puis tout à coup s'est mit à dire "je sais tout". Cette vérité universelle pourrait être que tout est relatif à l'observateur, qu'il n'y a pas de réalité objective. Si on considère que le monde n'existe pas objectivement, alors peut être qu'ils pensait pouvoir dire, "je sais tout"...

Heraclide dit qu'il faut un équilibre entre les opposés, par exemple, l'arc et sa corde, le bien et le mal (cf "le jour et la nuit sont la même chose"). Heraclide blâme la phrase "que les conflits puissent être abolis entre les dieux et les hommes". Il est pour l'opposition, pour la confrontation entre les opposés. Aristote le dit autrement "il n'y aurait pas de gamme si le grave et l'aigu n'existaient pas".

Heraclide pense que l'élément primordial constitutif de la matière est le feu.

Selon lui, les âmes vertueuses (celles qui se sont bien battues, par exemple) sont changées en feu, les autres en eau.

Bref, le monde échappe à l'homme, on ne peut pas le connaître, tout est relatif, en gros, rien ne sert, c'est un peu déprimant comme philosophie, ça incite à l'inaction.

Mais est-ce que même en sachant qu'il n'y a ni bien ni mal objectif (ce qu'on découvre généralement à l'adolescence), on ne peut pas gérer sa vie pour obtenir des bonnes choses selon notre propre point de vue ? Ou bien, est-ce que faire ça c'est perdre de vue la vraie nature du monde ?